20 Mars 2018  |  Énergie & Environnement
Publié dans La Revue POLYTECHNIQUE 03/2018

Énergie & Environnement (3/2018)

Une fibre miraculeuse, naturelle et tueuse
Le Musée cantonal de géologie de Lausanne présente, jusqu’au 25 mars, une exposition sur l’amiante. Semblables à des cheveux, les fibres d’amiante, qui croissent naturellement dans les roches, intriguent depuis l’Antiquité: sont-elles minérales ou vivantes ? Et elles sont indestructibles dans les flammes et les acides ! Dès lors l’amiante serait-il gage d’immortalité ? Après des millénaires de fascination et plus d’un siècle d’utilisations intensives, ce miracle géologique s’avère être un terrible danger pour les humains.
Finement sélectionnés pour cette exposition, de remarquables agrégats de cristaux d’amiante du monde entier sont présentés avec un point fort sur ceux issus des Alpes. Quelques objets manufacturés, usuels il y a encore quelques décennies, sont visibles et certains sont des références mondiales de par leur design. Loin de l’esthétisme naturel et artistique, il est rappelé la prudence qui est de mise lors de la manipulation de ce matériau dangereux.
 
Le Watt d’Or pour un projet de biogaz
L’Institut Paul Scherrer et le prestataire d’énergie zurichois Energie 360° ont testé avec succès, dans la station d’épuration zurichoise de Werdhölzli, la technologie du lit fluidisé utilisée pour la production de biogaz. Le test pratique a révélé que la méthanisation directe permet d’augmenter la production de biogaz de 60 %. Précédemment, le biogaz brut devait subir un traitement important pour séparer le CO2qu’il contient. Ce projet commun s’est vu décerner le Watt d’Or dans la catégorie «Énergies renouvelables», par l’Office fédéral de l’énergie.
 
Pour mieux prévoir le réveil d’un volcan
Deux chercheurs du département de géologie du Trinity College de Dublin ont publié une étude dans Nature Communications, qui s’intéresse à une piste relativement peu explorée pour tenter d’anticiper les éruptions volcaniques, en évaluant le temps de montée du magma jusqu’au cratère du volcan. Elle consister à analyser la formation et l’ascension de pyroxènes dans la lave - des microcristaux anhydres qui sont des constituants essentiels des roches magmatiques. Cette étude permet, en outre, de mieux comprendre le processus de recharge de la chambre magmatique, ce phénomène antérieur à l’éruption, pendant lequel le réservoir du volcan situé à l’aplomb du cratère se charge en magma.
Selon Teresa Ubide, l’une des deux auteurs de l’étude, la composition des pyroxènes analysée au laser permet de reconstituer le processus qui survient juste avant que l’éruption ait lieu. Les chercheurs ont étudié, sur une période de quarante ans, la composition de pyroxènes issus du volcan sicilien Etna. Les cristaux prélevés présentent une couronne riche en chrome, provenant de la recharge magmatique en profondeur. Une autre zone, pauvre en chrome, correspond à la phase de montée du magma dans la cheminée du volcan. L’analyse de la composition et de l’épaisseur de ces couches permet d’estimer le temps passé dans le réservoir magmatique ainsi que dans la cheminée et de calculer la vitesse de montée de la lave. Elle a été estimée entre 60 et 600 m/h pour l’Etna.
 
Le glyphosate contiendrait des métaux lourds
Une étude de l’université de Caen-Normandie publiée dans Toxicology Reports révèle la présence de métaux lourds dans des herbicides à base de glyphosate.Ces composants seraient plus toxiques sur les plantes et cellules humaines, que le glyphosate lui-même.Les chercheurs ont étudié quatorze formules d’herbicides à base de glyphosate, ainsi que leurs impacts sur les plantes et sur des cellules humaines. Ils déclarent y avoir trouvé, outre de l’arsenic, du chrome, du cobalt, du plomb, du nickel, ainsi que des traces de pétrole.
 
Plus d’un million d’échantillons dans la réserve mondiale de graines
La réserve mondiale de graines du Svalbard, sorte d’arche de Noé végétale située sur un archipel de l’océan Arctique, à mi-chemin entre la Norvège et le Pôle Nord, a été conçue pour protéger la diversité génétique des cultures, vivrières en conservant les semences de notre planète. Elle a été prévue pouvoir fonctionner plusieurs centaines d’années, y compris sans l’aide de l’homme. Son lieu d’implantation la met à l’abri de l’humidité, des fortes chaleurs et de toute activité tectonique. Elle se veut ainsi un filet de sécurité face aux risques liés aux catastrophes naturelles, aux guerres, au changement climatique ou aux maladies.
Cette collection de graines, la plus variée au monde, a franchi le million d’échantillons à l’occasion de son dixième anniversaire, le 26 février dernier. Avec ce dernier arrivage, cette réserve enfouie dans une chambre forte souterraine à plus de 120 m à l’intérieur d’une montagne, comporte 1’059’646 variétés de cultures conservées dans des emballages sous vide, dans des caisses alignées sur des étagères. Ces échantillons comprennent les principales espèces alimentaires de la planète, comme le maïs, le riz, le blé, le niébé, l’aubergine, la laitue, l’orge ou la pomme de terre.
Si cet entrepôt est la propriété de la Norvège, les graines appartiennent aux États et institutions dépositaires, lesquels peuvent les récupérer à leur convenance. Une seule institution a jusqu’ici sollicité cette «chambre forte du Jugement dernier», comme elle est surnommée: le Centre international de recherche agricole dans les zones arides (Icarda) a demandé à récupérer des grainesen 2015, après que la banque de gènes de la ville d’Alep ait été endommagée durant le conflit syrien.
 
La plus grande centrale au charbon d’Europe
Le groupe énergétique polonais Enea a inauguré, dans sa centrale au charbon de Kozienice, une tranche de 1075 MW, la plus grande d’Europe selon l’entreprise, réalisée par le japonais Mitsubishi Hitachi Power Systems. La nouvelle unité, onzième sur ce site, représentant un investissementde 1,5 milliard d’euros. Elle portera la capacité globale de la centrale à près de 4000 MW, en brûlant trois millions de tonnes de charbon par an, provenant essentiellement de la mine Bogdanka, dans le sud-est de la Pologne.
Enea affirme que les émissions de cette nouvelle unité sont inférieures de 25 % à celles des centrales actuelles.
Quelque 100’000 personnes sont employées dans le secteur du charbon dans le pays, qui produit 90 % de son électricité dans des centrales à charbon et à lignite. Environ 70 % des ménages polonais brûlent du charbon de mauvaise qualité, voire des déchets, dans leurs vieux poêles, et une grande partie de l’électricité vient de centrales à charbon datant de l’époque communiste. Aussi la Pologne figure-elle parmi les pays le plus pollués de l’Union européenne, selon une étude de l’Agence européenne pour l’environnement.


20 Juin 2018  |  Énergie & Environnement

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21 Août 2018  |  Énergie & Environnement

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