10 Avril 2018  |  Éditorial
Publié dans La Revue POLYTECHNIQUE 04/2018

Éditorial (4/2018)

Mort d’un géant
Diagnostiqué à l’âge de 20 ans d’une sclérose latérale amyotrophique, maladie neurodégénérative caractérisée par une destruction progressive et inéluctable de la musculature, les médecins ne lui donnaient que quelques années à vivre. C’est le 14 mars dernier, à l’âge de 76 ans, que Stephen Hawking a quitté cet Univers qu’il a contribué, de manière magistrale, à nous faire connaître. Perdant petit à petit tout contrôle de son système neuro-moteur, ce physicien de génie poursuivit ses travaux malgré l’aggravation de sa paralysie, avec comme objectif la compréhension totale de l’espace et du temps
En 1985, Stephen Hawking contracta une pneumonie et dut subir une trachéotomie. Ne pouvant plus se déplacer, ni parler, un informaticien mit au point un logiciel synthétisant sa voix, ainsi qu’un dispositif lui permettant d’écrire sur un ordinateur à l’aide d’un commutateur placé entre ses doigts. À partir de 2001, ayant perdu l’usage de ses mains, il utilisa les contractions d’un muscle de sa joue pour communiquer.
La communauté scientifique dans son ensemble a rendu hommage à ce digne successeur d’Albert Einstein, qui a révolutionné l’astrophysique de la seconde moitié du XXe siècle et qui fut le véritable fondateur de la physique des trous noirs. Encore étudiant, il démontra que la théorie de la relativité générale implique que l’espace et le temps ont eu un commencement. Il s’intéressa au problème de la «singularité», un point de l’espace-temps où les équations de la physique ne peuvent plus s’appliquer, et devint le spécialiste mondial des trous noirs, caractéristiques de cet état singulier. En 1963, il révolutionna l’idée que jamais rien ne peut s’en échapper, mais que ces objets seraient capables d’émettre un rayonnement, que l’on appela le «rayonnement de Hawking».
En 1971, Stephen Hawking avança l’hypothèse que le phénomène du Big Bang aurait dispersé dans l’espace des micro trous noirs d’une masse d’environ 109 tonnes et de la taille d’un proton, ainsi que des trous noirs plus massifs de la taille d’une montagne. Il découvrit également qu’en appliquant les lois de la physique quantique, on peut déterminer la dimension des singularités et décrivit les trous de ver, des fluctuations quantiques permettant de prendre des raccourcis dans l’espace-temps. Enfin, la théorie du tout, visant à unifier les quatre forces fondamentales, était au centre de ses recherches les plus avancées.
Durant la dernière partie de sa vie, Stephen Hawking pensait que le développement de l’intelligence artificielle poussé à l’extrême pourrait mettre fin à la race humaine et que seul un voyage dans l’espace assurera sa survie. Selon certaines sources, il s’apprêtait à annoncer le développement d’une technique révolutionnaire prouvant l’existence d’univers parallèles.
Nous nous sommes hissés sur les épaules de géants, a dit Armstrong en foulant le sol lunaire. Stephen Hawking fut l’un d’eux.
 
par Michel Giannoni


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