30 Mars 2020
Publié dans Revue Internationale de CRIMINOLOGIE et de POLICE Technique et Scientifique 01/2020

Cybercriminalité : Une réalité protéiforme mal définie

par Faten Skaf

Résumé
Depuis que les technologies de l’information existent, les réponses juridiques à leur utilisation abusive font légion. En effet, l’évolution de ces technologies demande sans cesse de nouvelles solutions juridiques. Cependant, à cause de leur incontrôlable mutation et de la spécialisation nécessaire à la compréhension de ces technologies, le droit a souvent été rapidement dépassé. Définir la cybercriminalité est extrêmement délicat, tant le phénomène se développe et apporte toujours davantage de faits qualifiés ensuite d’infraction par le droit. En outre, l’étendue de la cybercriminalité mène le droit à être applicable dans plusieurs domaines. Ainsi, le respect de la vie privée, de la vie professionnelle, du droit d’auteur, la liberté d’expression, la protection des biens immatériels des entreprises, etc. sont autant de domaines applicables à la cybercriminalité.

Summary
Since information technologies have existed, there have been many legal responses to their misuse. Indeed, the evolution of these technologies constantly requires new legal solutions. However, because of their uncontrollable change and the specialization needed to understand these technologies, the law has often been quickly overtaken. Defining cybercrime is extremely delicate, as the phenomenon develops and brings more and more facts that are then qualified as offences by law. In addition, the scope of cybercrime leads the law to be applicable in several areas. Thus, respect for private life, professional life, copyright, freedom of expression, protection of intangible assets of companies, etc. are all areas applicable to cybercrime.


30 Mars 2020

« Motivé ? Satisfait ? Oui, mais à propos de quoi précisément ? » Justice restaurative : tentative d’une taxonomie des attentes et satisfactions des participants

La Justice restaurative (JR) est un modèle global de prise en considération des besoins d’expression des auteurs et victimes d’infraction. Il s’agit de rendre la liberté aux personnes concernées par une infraction de se rencontrer en toute sécurité. En France, la démarche est désormais dans la Loi et une circulaire interministérielle précise les applications in concreto. L’une des conditions sine qua none est le recueil du consentement des participants. C’est ce volontariat que nous questionnons ici, non d’un point de vue philosophique mais sous un angle psychologique : être volontaire ou consentant, c’est « attendre quoi » ? Nous établissons l’hypothèse qu’il existe une distribution d’attentes possibles. Pour mettre à l’épreuve notre hypothèse et obtenir des résultats, nous avons interrogé les participants à un programme de Justice restaurative sous la forme d’entretiens non directifs, puis classer et quantifier leurs attentes par dimensions thématisées. Nous avons ensuite procédé de même à la sortie du processus concernant les satisfactions engendrées par la mesure restaurative. Nous pensons que la connaissance de la structuration des attentes et satisfactions des participants pourrait aider le facilitateur dans le recueil initial des besoins des sujets.
30 Mars 2020

Les théories de la délinquance sont-elles universelles ? Réponse étonnante provenant des données du second sondage international de délinquance

Les théories de la délinquance constituent une base nécessaire pour développer des programmes de prévention efficaces. Or, puisque les théories de la délinquance furent développées et testées essentiellement des échantillons anglo-saxons, nous nous demandons dans quelle mesure ces théories sont valides dans d’autres contextes culturels. A partir des données d’un sondage de délinquance autorévélée mené dans 31 pays avec plus de 70 000 jeunes, nous sommes en mesure de tester la pertinence d’un modèle conceptuel qui contraste trois grandes théories, soit la tension, le contrôle et l’apprentissage. Les résultats montrent que les jeunes issus d’une famille brisée sont 1,5 fois plus à risque de délinquance sérieuse que les jeunes vivant avec leurs deux parents, que les jeunes ayant un faible niveau de contrôle personnel sont 3,1 fois plus à risque de délinquance et que les jeunes qui ont des amis délinquants sont 5,1 fois plus à risque de délinquance. Les résultats des analyses pays par pays confirment que le modèle est très semblable partout, ce qui atteste de l’universalité des théories de la délinquance développées au cours des dernières décennies par les criminologues.
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