16 Décembre 2016  |  Formation
Publié dans La Revue POLYTECHNIQUE 10/2016

Les métiers techniques ? C’est «cool» !

Une récente enquête de Swissmem a démontré qu’au cours des cinq prochaines années, les professions techniques de la branche MEM (industrie des machines, des équipements électriques et des métaux) auront besoin d’engager 17’000 professionnels compétents chaque année en Suisse.

Chaque année de nombreuses places d’apprentissage dans les métiers de la branche MEM (industrie des machines, des équipements électriques et des métaux) restent vacantes. Le projet #bepog de revalorisation des métiers techniques propose de nombreuses activités ainsi que des fiches de synthèse qui présentent les métiers techniques de manière jeune et dynamique. Ces fiches sont disponibles sur le site Internet de l’action (http://www.bepog.ch/fr/metiers) et des accords sont en cours pour qu’elles soient distribuées par le biais de différentes institutions.
 
Les métiers techniques, tel que le décolletage, souffrent d’une image négative, mais les ateliers d’aujourd’hui n’ont plus rien à voir avec ceux d’antan. De nos jours, la précision, la qualité et la propreté font partie intégrante des ateliers de production modernes.
 
Une action d’envergure
Depuis un peu plus d’une année, l’action #bepog mise en œuvre en Suisse romande par la fondation FocusTECH se déploie vers de nombreux publics et avec plusieurs types d’activités: des rencontres avec les écoles, des visites d’entreprises avec des enseignants, l’installation d’imprimantes 3D dans les écoles, des cours de robotique pour les enfants, une campagne de communication de grande ampleur ou encore la collaboration avec les «villages techniques» lors des salons des métiers comme ceux ayant eu lieu à Martigny en mars et à Delémont en avril de cette année.
Raymond Stauffer, président de FAJI (responsable de la mise en place sur l’Arc jurassien) et de FocusTECH (même responsabilité au niveau suisse romand) explique: «Toutes les enquêtes le démontrent, nous risquons la pénurie de main-d’œuvre qualifiée dans les métiers techniques et pourtant ce sont des métiers passionnants et ouverts à toutes les carrières». FocusTECH travaille en collaboration avec les services de l’enseignement, de l’orientation, ainsi qu’avec les bureaux de l’égalité des différents cantons romands pour faire passer le message, à savoir que les métiers techniques ouvrent des portes.
 
Perspectives de carrière pour les métiers techniques.
 
Changer les idées reçues
«L’image des métiers techniques auprès des publics ne connaissant pas le domaine est un objet de frustration. Aujourd’hui, par exemple, un polymécanicien qui travaille dans un atelier passe probablement une bonne partie de son temps sur un ordinateur ou une commande numérique… et selon l’atelier dans lequel il travaille, le sol y est plus propre que celui d’un hôpital. Nous sommes très éloignés des images d’ateliers du début du siècle. Il n’est pas rare qu’un décolleteur soit responsable de plusieurs machines valant chacune plusieurs centaines de milliers de francs», explique Pierre-Yves Kohler, directeur de FAJI.
Autre idée reçue communément partagée, les apprentissages sont réservés aux mauvais élèves et sont de véritables voies de garage. Un bon élève risquerait ainsi de rater sa vie en entrant dans le monde professionnel par un apprentissage. Pierre-Yves Kohler poursuit: «Un jeune qui commence un apprentissage peut bien entendu être un professionnel compétent dans son métier et y réussir sa vie. Il peut également continuer à se former pour devenir technicien ou ingénieur. Et s’il veut ensuite étudier à l’école polytechnique ou à l’université, c’est également possible; toutes les portes lui sont ouvertes». Les PME de Suisse romande en sont le meilleur exemple puisque, à tous les niveaux hiérarchiques, elles peuvent compter sur des professionnels ayant commencé leur carrière par un apprentissage.
 
«Un jeune qui commence un apprentissage peut bien entendu décider de rester un professionnel compétent dans son métier et y réussir sa vie».( Pierre-Yves Kohler, directeur de FAJI SA)
 
Des ambassadeurs compétents
Ce ne sont pas les membres de l’action #bepog qui vont contredire le fait que les métiers techniques sont «cool». Depuis une année, ces jeunes sont actifs sur les réseaux sociaux (#bepog sur Facebook et Twitter) et lors de manifestations pour partager leur passion de la technique et de leur apprentissage. Rien de tel pour convaincre que ces métiers représentent une belle promesse pour l’avenir. «Alors Mesdames, Messieurs, si votre fille ou votre fils envisage de faire un apprentissage de micromécanicien, par exemple, laissez-lui une chance de commencer ainsi sa carrière par l’apprentissage d’un métier aussi «cool» qui lui permettra ensuite d’évoluer dans la voie qu’il souhaite», ajoute Pierre-Yves Kohler.
 
Des fiches métiers qui leur rendent justice
Si de nombreuses associations et institutions disposent d’une vaste littérature sur les métiers techniques, malheureusement ce sont très souvent des mines d’informations assez difficiles à apprivoiser. «Avec l’action #bepog, nous sommes complémentaires» explique Raymond Stauffer, qui ajoute: «Nos fiches sont simples et claires. Elles démontrent en quelques secondes ce que sont les métiers techniques et quelles sont les possibilités d’évolution. Ce sont des portes d’entrée qui permettent d’orienter rapidement les jeunes intéressés». Et pour obtenir davantage d’informations, ils peuvent visionner les films #bepog sur le portail www.bepog.ch et découvrir plus de littérature, notamment celle réalisée par les associations faîtières comme Swissmem ou la Convention patronale de l’industrie horlogère (CPIH). Il faut d’ailleurs relever que #bepog a réalisé ces fiches en collaboration avec ces associations responsables de la mise en place des examens. Les postes d’apprentissages figurent sur le site www.orientation.ch et les bureaux d’orientation professionnelle des différents cantons sont à disposition.
 
Plan d’un «village technique», présentant les métiers industriels, dans le cadre de manifestations et d’expositions.
 
Une prise de conscience nécessaire
Si les professionnels de l’industrie sont convaincus que commencer sa carrière par un apprentissage dans un métier technique n’est de loin pas un désavantage, on ne peut pas en dire autant du grand public en général. «Malheureusement nos métiers souffrent toujours de cette image négative et tout ce que l’on entend par rapport à l’automatisation et Industrie 4.0 pourrait laisser penser qu’on n’aura plus besoin de personnel dans l’usine du futur. Ceci est faux, car les métiers vont simplement évoluer» explique le directeur qui ajoute: «Certes, les professions vont changer et une formation de base de polymécanicien, par exemple, n’est pas une garantie absolue pour les quarante années à venir, mais pour quel métier est-ce encore le cas aujourd’hui ? L’apprentissage offre une excellente formation de base ouverte au monde et aux évolutions. Les responsables des formations ont à cœur de faire évoluer les métiers pour correspondre au mieux à la réalité d’aujourd’hui et de demain. Les jeunes professionnels disposent ainsi d’une solide base pour le futur».
Des discussions sont en cours afin d’optimiser la diffusion des fiches des métiers #bepog. En cas d’intérêt, le bureau #bepog (contact@bepog.ch) peut également envoyer des jeux de cartes aux personnes intéressées.
 
Exemple de texte d’introduction de deux fiches métiers
 
Automaticien/ne cfc - un métier cool
C’est sans doute le plus branché des métiers. D’une part, parce que tu évolues au milieu de kilomètres de réseaux de câbles multicolores et de schémas ingénieux. D’autre part, car tu conçois les robots industriels ou les tableaux de commande automatisés de demain. Grâce à tes compétences de conceptualisation d’un projet, de programmation, de gestion et de mise en service, tu peux automatiser n’importe quel système et apporter un maximum de performance sur le lieu de travail. Industrie de pointe, aérospatiale ou domotique, domaines électrique, électronique, hydraulique et pneumatique, les champs d’application sont nombreux.
 
Dessinateur/trice en construction microtechnique cfc - un métier cool
«S’il vous plaît… dessinez-moi un bouton !». Le petit Prince de la microtechnique, c’est toi ! Boutons, composants, engrenages, rouages, micromécanismes: tu traces sur ton ordinateur des plans de produits comme des instruments de mesure, des appareils miniaturisés ou des micromécanismes horlogers. Tu réalises aussi les documents nécessaires à la fabrication et au contrôle des pièces qui les composent. Pas besoin d’attendre d’avoir ta propre imprimante 3D pour matérialiser tes idées, puisque tu peux suivre le processus de fabrication jusqu’à l’usinage. Ta créativité est fortement sollicitée, notamment lorsque tu dois mettre au point des prototypes futuristes.
 
FAJI SA
2735 Bévilard
Tél.: 032 492 70 10
www.faji.ch


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