24 Mai 2019  |  Éditorial
Publié dans La Revue POLYTECHNIQUE 05/2019

Éditorial (5/2019)

Des avancées discutables dans les neurosciences
D’importantes avancées dans les neuro­sciences ont été récemment effectuées. Parmi celles-ci, deux études américaines ont mis en évidence des méthodes non invasives de stimulation magnétique et électrique transcrânienne chez des sujets âgés. Bien tolérées, elles ont permis d’améliorer temporairement leur mémoire de travail – celle qui enregistre des informations récentes – et à restaurer des performances mnésiques comparables à celles de sujets plus jeunes.
La méthode de stimulation magnétique consiste à appliquer un électroaimant à un endroit précis du crâne, afin de moduler l’activité des neurones de l’hippocampe au moyen d’impulsions magnétiques. L’hippocampe est une structure du cerveau qui s’atrophie avec l’âge et qui joue un rôle essentiel dans la mémoire à court terme.
La stimulation électrique à courant alternatif, quant à elle, a été appliquée au moyen d’un bonnet muni d’électrodes, afin de mesurer par électroencéphalogramme, les activités cérébrales associées à la mémoire de travail. Quand des sujets jeunes sollicitaient celle-ci, il en résultait des oscillations électromagnétiques dues à l’activité électrique des neurones. Chez les sujets âgés, ces schémas d’activation étaient plus faibles, mais après une séance de stimulation électrique, ils retrouvaient, pendant près d’une heure, des niveaux d’activation et de performance mnésique comparables à ceux des plus jeunes. Ces résultats montrent l’intérêt de ces techniques de neuromodulation en alternative aux traitements médicamenteux, en vue, par exemple, d’améliorer les fonctions cognitives de patients atteints de maladies cérébrales dégénératives.
Deux autres études dans le domaine des neurosciences, soulèvent bien des questions. Des scientifiques américains sont parvenus à rétablir certaines fonctions cérébrales de porcs plusieurs heures après leur mort, grâce à la mise en circulation d’une solution chimique dans leurs vaisseaux sanguins. Les chercheurs ont constaté qu’une partie des cellules cérébrales recommençaient à consommer de l’oxygène et du sucre, et que des neurones échangeaient à nouveau de l’information. Toutefois, on n’a relevé aucune activité électrique associée à la conscience, à la perception ou à toute autre fonction.
Lors d’une autre expérience, encore plus discutable, réprouvée par la communauté scientifique et aux conséquences qui donnent le frisson, des chercheurs chinois ont modifié l’ADN de macaques avant leur naissance, pour y introduire le gène MCPH1 impliqué dans le développement de l’intelligence humaine.
Si l’on peut saluer des avancées ayant pour objectif d’améliorer les fonctions cognitives des personnes âgées, les expériences américaine et chinoise sur les animaux sont non seulement révoltantes et détestables du point de vue de l’éthique, elles nous interpellent avec un certain malaise sur la frontière entre la vie et la mort ainsi que sur celle entre l’homme et l’animal.
 
par Michel Giannoni


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