25 Octobre 2019  |  Informatique & Télécommunications
Publié dans La Revue POLYTECHNIQUE 10/2019

Informatique & Télécommunications (10/2019)

Google a-t-il vraiment franchi le seuil de la «suprématie quantique» ?
Un rapport temporaire paru à la fin du mois de septembre sur le site de la NASA a révélé que Google serait parvenu à franchir le seuil de la «suprématie quantique» en mettant au point un ordinateur dont les performances surpassent celles des plus puissants supercalculateurs actuels. L’Agence spatiale américaine a vite supprimé sa communication mais le Financial Times est parvenu à en recopier les informations les plus essentielles et à les publier.
Le journal britannique rapporte ainsi que les chercheurs du géant technologique américain affirment que le processeur de leur ordinateur quantique est parvenu à exécuter un calcul mathématique en trois minutes et vingt secondes alors que les machines les plus efficaces du moment auraient mis 10’000 ans à le solutionner. Selon eux, le service de «cloud computing»(informatique en nuage)de Google aurait, de son côté, mis mille milliards d’annéesà effectuer un tel calcul. «À notre connaissance, cette expérience marque le premier calcul ne pouvant être effectué que par un processeur quantique», ont-ils écrit.
Appelée «Sycamore», le prototype de Google serait pourvu d’un processeur de 54 qubits dont 53 auraient été sollicités. Il ne s’agit pas du plus puissant mis au point par la firme de Moutain View qui avait récemment présenté une machine de 72 qubits. Mais selon l’équipe de Google, dirigée par le physicien John Martinis de l’Université de Californie, cet exploit aurait été rendu possible grâce à la «stabilité exceptionnelle» du nouveau modèle.
 
Le silence de Google alimente le doute
Plusieurs questions demeurent cependant en suspens, qui alimentent le doute. Pourquoi la communication a-t-elle été si vite retirée du site de la NASA ? Pourquoi l’équipe de Google refuse-t-elle obstinément de commenter sa prétendue performance ? Selon Dario Gil, le directeur de la recherche d’IBM, un des principaux concurrents de Google, la prétendue prouesse ne serait en réalité «qu’une expérience de laboratoire conçue pour mettre essentiellement et exclusivement en œuvre une procédure d’échantillonnage quantique très spécifique sans applications pratiques.» Le système de Google, pense-t-il, aurait été conçu pour traiter rien qu’un seul calcul très spécifique.
Pour mémoire, les bits quantiques (qubits) se distinguent notablement des bits classiques car ils reposent sur une superposition quantique de deux états de base (0 et 1). En les accumulant, le nombre de leurs états augmente de façon exponentielle, ce qui permet théoriquement de calculer d’emblée des millions de possibilités. Mais l’instabilité des états quantiques superposés reste un gros obstacle encore largement irrésolu. De ce fait, il y a très peu de chances que les ordinateurs quantiques soient rapidement améliorés et commercialisés dans un avenir prévisible.


25 Septembre 2019  |  Informatique & Télécommunications

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