25 Mai 2020  |  Éditorial
Publié dans La Revue POLYTECHNIQUE 05/2020

Éditorial (5/2020)

La cinquième colonne
Une armée d’animalcules de taille nanométrique et de quelques femtogrammes, dépourvus de noyau et de métabolisme, incapables de se reproduire entre eux, dont on ne sait même pas s’ils sont vraiment vivants, a déclenché avec la seule arme de ses quelques gènes, une troisième guerre mondiale. Car jamais autant de pays ne se sont battu pour tenter de sauver leurs systèmes sanitaire, économique et social.
La réalité ressemble aujourd’hui à un film catastrophe. Cette « cinquième colonne » faite de simples associations de biomolécules, est révélatrice de peurs ancestrales et irrationnelles. On recherche des boucs émissaires. Comme toutes les guerres, celle-ci a ses héros et ses salauds. Les uns – médecins, infirmières, brancardiers, éboueurs, policiers, caissières… – sauvent des vies au péril de la leur, assurent notre sécurité alimentaire, alors que les autres en profitent pour accaparer des produits de première nécessité, vendre de faux médicaments, voler des palettes de masques, lancer des cyber-attaques contre des hôpitaux ou prêcher leur idéologie.
Ce virus est un misanthrope, un eugéniste tuant davantage les personnes âgées que les jeunes ; c’est aussi un écologiste, mais à quel prix ! À Venise la mer a retrouvé sa couleur bleu azur, on voit à nouveau le soleil à Pékin, des canards se promènent sur les Champs-Élysées, au vacarme de la circulation a succédé le chant des oiseaux.
Il ne faut pas se leurrer, cette pandémie préfigure la suivante, mais aussi la future catastrophe climatique et la destruction des écosystèmes qui engendre des zoonoses en libérant de nouveaux virus. Elle constitue une sorte de répétition générale sur la scène planétaire, avec ses drames sanitaires, économiques, écologiques et sociaux. Ce n’est plus à la finance et à l’économie de gouverner la planète ; elles doivent désormais céder le pas au politique, à la santé, à l’écologie. Et écouter les scientifiques.
Mais ce qui est le plus stupéfiant, c’est que des pays du monde entier, qui dépensent des milliards pour se défendre contre des attaques conventionnelles, atomiques, chimiques, terroristes ou cybernétiques, ont complètement négligé la guerre biologique en s’abstenant de s’équiper en suffisance du plus simple des dispositifs de protection – le masque –, un peu comme si l’armée de l’air avait omis de commander des missiles ou l’infanterie des munitions. Car ce qui nous arrive n’a rien de nouveau. Bill Gates l’avait annoncé en 2012. Cela s’est déjà produit, c’était prévisible et cela se reproduira.
« Nos concitoyens n’étaient pas plus coupables que d’autres, ils oubliaient d’être modestes […]. Ils continuaient de faire des affaires, ils préparaient des voyages et ils avaient des opinions. Comment auraient-ils pensé à la peste qui supprime l’avenir, les déplacements et les discussions ? Ils se croyaient libres et personne ne sera jamais libre tant qu’il y aura des fléaux » disait le docteur Rieux dans La Peste.
 
par Michel Giannoni
 


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