30 Avril 2020  |  Sécurité
Publié dans Sécurité Environnement 01/2020

La lutte anti-drones au salon aéronautique de Dubaï

Si l’avenir est assuré pour l’industrie des drones, civils ou militaires, dont le développement est en constante progression, celui du secteur des systèmes anti-drones l’est tout autant. Le salon Dubai Airshow 2019, qui s’est tenu du 17 au 21 novembre dernier aux Émirats arabes unis, a offert l’occasion à plusieurs entreprises du Vieux et du Nouveau Continent de présenter leurs solutions innovantes. 

Le survol intempestif de zones sensibles par des drones se compte désormais par dizaines chaque semaine. La société Dedrone basée à San Francisco, spécialisée dans la protection contre les drones malveillants, tient à jour une carte des incidents majeurs dans le monde. Elle en a recensé plus d’une centaine au cours des seuls derniers mois de l’année dernière. Les aéroports sont les premiers visés, mais aussi les installations militaires, les stades, les prisons ou encore les centres de recherche. « Entre de mauvaises mains, l’accessibilité, les capacités et la facilité de vol d’un drone le rendent particulièrement adapté au piratage, à la surveillance et au terrorisme », constate la société californienne.
 
L’Américain Invisible Interdiction propose un système anti-drones adaptable sur un fusil. (© Invisible Interdiction)
 

Du brouillage à la capture
Lors du salon Dubai Airshow, trois entreprises se sont particulièrement distinguées dans la présentation de leurs systèmes de lutte anti-drones. À commencer par Invisible Interdiction, une société basée à Melbourne, en Floride, qui a imaginé trois systèmes de neutralisation par brouillage adaptés à diverses situations. Le premier, qui pèse à peine 3 kg, peut-être porté à la main par un opérateur. Il permet de neutraliser un petit aéronef sans pilote dans un rayon de 2 km. Le deuxième présente l’avantage d’être adaptable sur un fusil afin de permettre une grande précision dans le ciblage de l’objectif, sans parasiter les appareils électroniques situés dans le voisinage. L’entreprise américaine a également mis au point un système de brouillage pouvant être intégré dans une solution globale de lutte anti-drones pour faire front à l’ingérence de drones isolés ou associés en essaims. Invisible Interdiction fournit déjà l’armée américaine et affirme que ses systèmes de neutralisation répondent aussi bien aux besoins militaires que civils.
 

Lors du salon Dubai Airshow, l’aéroport international Al était protégé par un ou plusieurs systèmes de missiles sol-air Pantsir-S1 de fabrication russe. (© Sputnik)
 
 
Des solutions de brouillage et même de capture des drones intrusifs ont également été imaginées par le groupe italien Elettronica basé à Rome. À l’occasion du salon de Dubaï, il a présenté son nouveau système baptisé « Adrian » (Anti-Drone Interception Acquisition Neutralization) qui associe plusieurs détecteurs, notamment un radar et des caméras à capteurs multiples. La somme et le recoupement des données collectées par ceux-ci permettent de reconnaître un drone, de le distinguer d’un oiseau, de déterminer si l’engin transporte une charge utile, ainsi que d’identifier la nature de la charge, notamment dans le cas d’explosifs. Les contre-mesures combinent divers procédés de brouillages et de « piratage » pour perturber l’action du ou des opérateurs, même de prise de contrôle du GPS de l’intrus pour s’en emparer.
La société britannique SteelRock, dont le siège est à Londres, a de son côté vanté les mérites de son système anti-drone « NightFighter », un dispositif de brouillage portable. Selon son concepteur, il est efficace contre les engins à voilure fixe et à voilure tournante, permet même de neutraliser les communications reliant le drone à sa station de contrôle. Plusieurs versions sont proposées avec des portées allant de quelques mètres à cinq kilomètres. SteelRock souligne que le système a été testé avec succès dans des environnements de radiofréquences complexes, permettant de faire face efficacement à l’intrusion de drones malveillants. L’entreprise souligne que ses systèmes sont souples et appropriés aussi bien pour des usages militaires que civils, pour assurer le contrôle notamment d’infrastructures aéroportuaires.


Le système britannique NightFighter est efficace contre les engins à voilure fixe et à voilure tournante. (© SteelRock)
 
 
Des missiles pour protéger la manifestation
Il est intéressant de noter que pendant toute la durée du salon, la direction de l’Aviation civile de Dubaï a décrété une interdiction du survol par des engins sans pilote dans un rayon de huit kilomètres autour de l’aéroport international Al Maktoum qui accueillait la manifestation. Les organisateurs se sont montrés très discrets sur leur dispositif anti-drones. Mais selon certaines informations, l’aéroport était protégé par un ou plusieurs systèmes de missiles sol-air Pantsir-S1 de fabrication russe. Selon l’agence Tass, l’armée des Émirats arabes unis dispose d’une cinquantaine de ces véhicules antiaériens dotés de missiles 57E6 dont la portée est de 20 km jusqu’à une altitude 15’000 m.

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25 Juin 2020  |  Sécurité

Un logiciel pour l’échange sécurisé des données entre les hôpitaux

Développé par les chercheurs du Laboratoire pour la sécurité des données (LDS) de la Faculté informatique et communications de l’EPFL (IC), en collaboration avec le Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV), le logiciel MedCo a récemment été installé dans trois hôpitaux suisses. Ce système, unique en son genre selon l’EPFL, doit faciliter la recherche médicale sur des pathologies comme le cancer ou les maladies infectieuses, en permettant des échanges sécurisés de données confidentielles décentralisées.
16 Avril 2020  |  Sécurité

Un chantier de 15 ans pour démanteler la centrale de Mühleberg

Le vendredi 20 décembre dernier, à 12 heures 30 précises, la centrale nucléaire de Mühleberg (CNM) a été définitivement mise à l’arrêt, après 47 ans de service. Sous les caméras de la chaîne de télévision alémanique SRF, les techniciens de la centrale ont procédé à sa déconnexion manuelle en appuyant sur deux boutons, première étape d’un démantèlement méthodique qui, sécurité oblige, va durer au moins jusqu’en 2034. Plus de 200 personnes travailleront sur le chantier. La désaffection d’une centrale nucléaire helvétique qui alimentait le réseau est une première. Une page du nucléaire suisse se tourne.
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