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17 août 2020 | Sécurité Environnement | Économie d'énergie

La durabilité vaut la peine

Qu’en est-il de la durabilité dans l’industrie MEM suisse ? La crise du corona aura-t-elle des conséquences négatives à ce sujet ? Où y a-t-il du potentiel pour les entreprises et qu’en est-il au niveau légal ? Christine Roth, cheffe du secteur Environnement, analyse la situation.

En matière de durabilité écologique, l’industrie a déjà beaucoup atteint. Une des raisons en est le fait qu’une production ménageant les ressources a aussi un impact au niveau économique. L’efficience des processus est un facteur de coûts et présente donc un intérêt pour les entreprises. C’est là une des forces de l’industrie MEM étant donné qu’elle est très innovante et sait utiliser les potentiels des nouveaux développements technologiques.

Contribution au-delà des frontières

Toutefois, la durabilité de l’industrie se manifeste encore plus à l’image du produit efficace et durable. L’effet se révèle au cours de la phase d’utilisation par le client lorsqu’une machine a par exemple besoin de moins d’énergie ou consomme moins de matériel ou que les rebuts dans la transformation alimentaire peuvent être réduits. Même si en comparaison plus de capteurs et d’électronique sont contenus dans un produit, il peut être plus écologique qu’un produit concurrent comprenant moins de matériel si l’on considère l’ensemble de son cycle de vie et la chaîne de valeur ajoutée. Vu la part élevée des exportations de la branche MEM, l’effet se ressent avant tout à l’étranger.

La durabilité est aussi payante en temps de crise

La crise du corona laissera de profondes traces dans la branche du point de vue économique. Elles ne seront visibles qu’au cours des prochains mois. Toutefois, les efforts faits en matière de durabilité ne devraient pas tomber à l’arrière-plan, surtout parce qu’ils sont la plupart du temps judicieux aussi au niveau économique. Dans l’industrie de production, il y a au niveau de l’efficience en matière d’énergie et de matériel, ainsi que des réductions d’émissions encore du potentiel pour les projets avec des durées de retour sur investissement par lesquels chaque année les dépenses récurrentes peuvent être réduites. Les entreprises qui sont économiquement sous pression devraient tenir compte des opérations de maintenance, de la longévité et de la modularité dans leurs décisions en matière d’investissements. Il s’agit là de critères économiques qui contribuent en même temps à la durabilité.

Potentiel des nouveaux modèles commerciaux

De nouveaux modèles commerciaux peuvent aussi valoir la peine. Dans l’économie circulaire, des modèles de location et de vente sont par exemple discutés et testés. En règle générale, les exigences qu’ont les entreprises envers leurs produits en matière de qualité sont plus élevées. La marge est ici souvent nettement plus élevée. Un tel changement de modèle commercial n’est toutefois pas trivial et peut avoir des conséquences disruptives. Afin que les entreprises osent faire le pas, il faut de bonnes conditions-cadres comme l’offre aujourd’hui la Suisse très innovante.

 

« Il faut prendre en considération l’ensemble du cycle de vie.»

Christine Roth, cheffe du secteur Environnement chez Swissmem, s'occupe depuis plus de 10 ans des sujets liés à l'environnement et à la durabilité dans l'intérêt de l'industrie MEM.​

 

Qu’en est-il au niveau légal ?

Pour l’industrie, la révision de la loi sur le CO2 est particulièrement importante. L’augmentation prévue de la taxe sur le CO2 est un facteur de coûts important. Nous disposons toutefois d’un instrument efficace avec le modèle suisse des conventions d’objectifs de l’Agence de l’énergie pour l’économie (AEnEC). Il se base sur le fait que les entreprises peuvent être dispensées de la taxe sur le CO2 si elles agissent de manière responsable et s’engagent à réduire les émissions dans leurs entreprises. Ce système est un modèle au niveau international.

Dans le domaine du droit chimique sur les produits et dans d’autres domaines, des ajustements à la législation de l’UE sont régulièrement effectués. Ce qui implique un durcissement permanent. Pour l’industrie MEM axée sur les exportations, le cadre juridique dans le marché cible est aussi important.

Il faut aussi garder à l’œil le «Pacte vert pour l’Europe». Vu le nouveau plan d’action de l’UE pour l’économie circulaire, il faut s’attendre à de plus amples exigences au niveau du produit et à des obligations pour les fabricants dans ce domaine. Actuellement, l’UE implémente une nouvelle banque de données pour les substances dangereuses dans les produits (base de données SCIP) dans laquelle diverses informations basées sur le produit doivent être annoncées.