30 Mars 2020
Publié dans Revue Internationale de CRIMINOLOGIE et de POLICE Technique et Scientifique 01/2020

Perceptions et attitudes des analystes envers les logiciels de prédiction de la criminalité : le cas des polices cantonales romandes

par Sylvain Equey, Betina Borisova, Stefano Caneppele, Julien Chopin et Raquel Rosés

Résumé
Depuis la fin des années 90, on entend parler dans les milieux policiers et académiques d’un nouveau modèle de police, dit la police prédictive. Cette approche apparaît être plus populaire dans les pays anglo-saxons en comparaison aux pays d’Europe continentale. Ce travail tente d’identifier des raisons qui pourraient expliquer ce décalage en proposant une étude du contexte suisse-romand. Plus précisément, cet article fournit un aperçu des expériences, des perceptions et des attitudes à propos de l’utilisation de logiciels de prédiction de la criminalité dans les polices cantonales romandes. Les données ont été récoltées au travers de cinq entretiens semi-directifs avec des analystes criminels des polices cantonales de Fribourg, Genève, Jura, Neuchâtel et Vaud. Trois constats principaux se dessinent à l’analyse des résultats. Premièrement, les logiciels de prédiction ne sont pas utilisés dans les polices suisse-romandes et cela ne devrait pas évoluer. Deuxièmement, les répondants ne perçoivent pas ces logiciels comme étant fiables et valides, et par conséquent, ne voient pas de raison de les utiliser. Troisièmement, plusieurs risques liés à leur mise en œuvre sont identifiés par les répondants, le principal étant une peur de perte du jugement humain dans le processus analytique.

Summary
Since the end of the 1990s, law enforcement agencies and academics have been discussing predictive policing. This approach is more popular in the English-speaking countries than in continental Europe. This paper seeks possible explanations for this discrepancy. More precisely, it provides an overview of the experiences and opinions of professionals of five cantonal police forces in the French-speaking regions of Switzerland regarding the use of prediction tools. Data were collected using five semi-directive interviews with criminal analysts from the cantonal police forces of Fribourg, Geneva, Jura, Neuchatel and Vaud. Three main findings can be emphasized. First, crime prediction tools have not been implemented and they are not expected to be adopted in the future. Second, respondents do not perceive these tools as reliable and valid, and therefore they do not recognize any reason to use them. Third, several risks related to their implementation are identified by respondents, the main one being a fear of loss of human judgment in the analytical process.


30 Mars 2020

Les théories de la délinquance sont-elles universelles ? Réponse étonnante provenant des données du second sondage international de délinquance

Les théories de la délinquance constituent une base nécessaire pour développer des programmes de prévention efficaces. Or, puisque les théories de la délinquance furent développées et testées essentiellement des échantillons anglo-saxons, nous nous demandons dans quelle mesure ces théories sont valides dans d’autres contextes culturels. A partir des données d’un sondage de délinquance autorévélée mené dans 31 pays avec plus de 70 000 jeunes, nous sommes en mesure de tester la pertinence d’un modèle conceptuel qui contraste trois grandes théories, soit la tension, le contrôle et l’apprentissage. Les résultats montrent que les jeunes issus d’une famille brisée sont 1,5 fois plus à risque de délinquance sérieuse que les jeunes vivant avec leurs deux parents, que les jeunes ayant un faible niveau de contrôle personnel sont 3,1 fois plus à risque de délinquance et que les jeunes qui ont des amis délinquants sont 5,1 fois plus à risque de délinquance. Les résultats des analyses pays par pays confirment que le modèle est très semblable partout, ce qui atteste de l’universalité des théories de la délinquance développées au cours des dernières décennies par les criminologues.
30 Mars 2020

Cybercriminalité : Une réalité protéiforme mal définie

Depuis que les technologies de l’information existent, les réponses juridiques à leur utilisation abusive font légion. En effet, l’évolution de ces technologies demande sans cesse de nouvelles solutions juridiques. Cependant, à cause de leur incontrôlable mutation et de la spécialisation nécessaire à la compréhension de ces technologies, le droit a souvent été rapidement dépassé. Définir la cybercriminalité est extrêmement délicat, tant le phénomène se développe et apporte toujours davantage de faits qualifiés ensuite d’infraction par le droit. En outre, l’étendue de la cybercriminalité mène le droit à être applicable dans plusieurs domaines. Ainsi, le respect de la vie privée, de la vie professionnelle, du droit d’auteur, la liberté d’expression, la protection des biens immatériels des entreprises, etc. sont autant de domaines applicables à la cybercriminalité.
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