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29 juin 2020 | La Revue POLYTECHNIQUE 06/2020 | Flash

La propagation des gouttelettes

Il apparaît de plus en plus que le simple fait de parler engendre l’émission de gouttelettes susceptibles de propager le coronavirus. Philip Anfinrud et ses collègues des Instituts nationaux de la santé (NIH, Bethesda, Maryland) ont utilisé un rayon laser pour visualiser ces gouttelettes. Ils ont constaté qu’un locuteur pouvait en émettre jusqu’à 10’000 par seconde, et qu’elles pouvaient subsister dans un lieu confiné pendant une durée allant jusqu’à quatorze minutes (PNAS, 18 mai).
Deux chercheurs de l’université de Nicosie, Talib Dbouk et Dimitris Drikakis ont, quant à eux, simulé la dispersion d’un nuage de particules engendré par un éternuement à l’extérieur (Physics of Fluids, 19 mai). En l’absence de vent, ces gouttelettes se propagent à moins de 2 m, mais dès qu’une brise se lève, elles peuvent se déplacer jusqu’à une distance de 6 m sans qu’une forte dilution soit intervenue. Une distanciation physique de 2 m, dans ces conditions, est donc insuffisante. Conclusion : à l’intérieur comme à l’extérieur, le port du masque est le meilleur rempart contre le virus SARS-CoV-2.