Les outils d’IA sont devenus incontournables dans les hautes écoles
L’enquête menée auprès de près de 800 étudiantes et étudiants et de 362 enseignantes et enseignants à l’Université de Fribourg et dans les hautes écoles de la HES-SO montre une intégration déjà très avancée de l’intelligence artificielle dans l’enseignement et les études, avec une utilisation régulière, souvent quotidienne, d’outils tels que ChatGPT, Copilot ou Gemini. Loin d’un usage automatique ou non réfléchi, l’IA est majoritairement employée de manière critique et complémentaire, tant pour l’enseignement que pour l’apprentissage, notamment pour la recherche, la structuration des idées, la traduction et l’approfondissement disciplinaire. Les préoccupations portent principalement sur l’intégrité académique, la protection des données, l’impact environnemental et le manque de règles claires. L’enquête met en évidence un fort besoin d’accompagnement institutionnel, de formations, d’outils mis à disposition gratuitement et de cadres réglementaires explicites, ainsi qu’une nécessité d’adapter les méthodes d’enseignement, d’évaluation et les curriculums face à l’évolution rapide des usages de l’IA.
Près de 49 % des étudiants utilisent l’IA depuis un à deux ans, environ 22 % depuis encore plus longtemps. Avec près de 75 % d’utilisation quotidienne ou plusieurs fois par semaine, l’intégration dans le quotidien des études est élevée. Chez les enseignantes et enseignants, le constat est similaire : plus de la moitié utilise ces outils depuis un à deux ans, environ 21 % depuis plus de deux ans. Près des deux tiers (65 %) utilisent l’IA quotidiennement ou plusieurs fois par semaine. Les outils les plus fréquemment mentionnés sont ChatGPT, Copilot, Gemini, DALL-E et DeepSeek. Au total, plus de 30 outils différents ont été cités.
Une utilisation critique de l’IA
Les domaines d’application varient fortement entre les groupes. Les enseignants utilisent principalement l’IA générative pour l’enseignement, en particulier pour la traduction, la génération d’idées et le brainstorming, la recherche, ainsi que pour planifier et structurer leurs cours. Les étudiants, eux, utilisent principalement l’IA pour améliorer leur compréhension disciplinaire, pour l’édition de textes, le brainstorming, la traduction et la recherche.
L’usage des contenus générés par l’IA témoigne d’un haut degré d’esprit critique. Une large majorité des enseignantes et enseignants (61 %) compare les contenus générés à leurs propres connaissances, tandis que 57 % les utilisent comme point de départ pour de nouvelles recherches. Les étudiantes et étudiants utilisent également les contenus de manière complémentaire : 66 % les comparent à leurs propres idées, 56 % s’en servent pour approfondir un thème. Seuls 8 % reprennent (aussi) directement des textes générés par l’IA.
Ces résultats contredisent l’idée selon laquelle l’IA générative serait principalement utilisée pour produire rapidement des textes non retravaillés et soulignent au contraire un usage réfléchi dans l’enseignement et les études.
Recherche d’efficacité vs réflexion critique
Les principales préoccupations des étudiantes et étudiants concernent l’intégrité académique et la préservation de leurs propres capacités cognitives. Les préoccupations éthiques, sociales, écologiques et économiques sont également très marquées, avec une mention explicite de l’impact environnemental. Beaucoup déclarent aussi ne pas faire confiance aux outils d’IA. Le coût de certains outils est perçu comme un frein supplémentaire. D’autres inquiétudes portent sur la protection des données et le droit d’auteur. Des règles peu claires au sein des hautes écoles constituent également un obstacle important.
Besoin de davantage d’informations, de règles et de formations
Un manque notable apparaît dans l’accompagnement concret par les enseignantes et enseignants. Bien que plus de la moitié traite du sujet de l’IA, la mise en pratique reste souvent abstraite. Ainsi, seules 23 % des étudiantes et étudiants reçoivent des conseils pratiques pour l’usage de l’IA. Le corps enseignant se sent également insuffisamment soutenu pour transmettre ce type de conseils : seuls 28 % reçoivent du soutien de la part de services pédagogiques, alors que 70 % souhaiteraient davantage d’accompagnement de la part des facultés et instituts.
Une majorité écrasante des enseignantes et enseignants (73 %) souhaite que l’institution mette gratuitement des outils d’IA à disposition. Cette attente est également forte chez les étudiantes et étudiants (65 %). Les étudiantes et étudiants expriment un vif intérêt (76 % d’approbation) pour davantage d’informations et des règles claires concernant l’usage de l’IA dans les examens et travaux de fin d’études. Le corps enseignant partage cette attente (plus de 85 % d’approbation). Il souhaite également des formations régulières et des informations sur l’IA (73 %) ainsi qu’une stratégie institutionnelle plus claire concernant l’intégration de l’IA dans l’enseignement (77 %).
Les données montrent que les formats d’examen et les méthodes d’enseignement existants sont remis en question par l’usage de l’IA, ce qui indique un besoin urgent d’adaptation dans le développement des curriculums et des méthodes d’évaluation.
La numérisation concerne tous les domaines et tous les membres
Près de 800 étudiantes et étudiants et 362 enseignantes et enseignants ont participé à l’enquête menée à l’Université de Fribourg et dans les hautes écoles de la HES-SO. Cette enquête permet ainsi aux institutions d’adapter encore mieux leurs offres de formation continue aux besoins.
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