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13 juillet 2020 | La Revue POLYTECHNIQUE 04/2020 | Nucléaire

Une nouvelle technique pour désassembler les crayons combustibles

Une étude de l’Institut für Festkorper-Kernphysik de Berlin a présenté une nouvelle technique de séparation qui permet de désassembler les crayons combustibles usés pièce par pièce sans laisser de résidu et de manière plus efficace que les procédés de séparation traditionnels.
Le nucléaire est associé au problème de la gestion des déchets. Au plan éthique, celle-ci revêt une importance majeure, car la technique nucléaire impose un traitement ultérieur de ses déchets et un stockage sûr de certains d’entre eux durant plusieurs siècles.
Tout comme en Suisse, une commission a été mise sur pied en Allemagne pour étudier les possibilités de stockage final des déchets nucléaires. Elle a pour mission d’établir des cartes géologiques de tout le pays dans le cadre de la recherche d’un dépôt final adapté, qui permette de tenir éloignés de la biosphère les déchets nucléaires sur une très longue période.
Dans ce contexte, une étude de l’Institut für Festkorper-Kernphysik (Institut de physique des solides) de Berlin a présenté une technique de séparation qui permet de désassembler les crayons combustibles usés pièce par pièce sans laisser de résidu et de manière plus efficace que les procédés de séparation traditionnels.
 
Une nouvelle technique permet de désassembler les crayons combustibles usés pièce par pièce de manière plus efficace que les procédés de séparation traditionnels.
 
 
Réduire le volume des dépôts géologiques
Le fait de « partitionner » ainsi le combustible pourrait permettre de diviser par vingt le volume des déchets nucléaires jusqu’à leur stockage final, les seuls résidus restants étant des produits de fission a courte durée de vie et des transuraniens a longue durée de vie. Seuls ces derniers devront alors être placés dans un dépôt géologique, dont le volume pourra ainsi être considérablement réduit.

Un procédé par chloration et évaporation
Ce procédé est rendu possible par chloration puis évaporation. Étant donné que chaque élément induit un autre composé chloré ayant un point d’ébullition différent, les éléments peuvent être séparés les uns des autres en obtenant une pureté maximale. Ce procédé de partitionnement – la distillation fractionnée – est couramment employé par les distillateurs.
Le chlore est ensuite retiré puis réutilisé. La méthode, qui est issue de la production du titane, doit encore être développée pour le traitement des composés radioactifs. D’un point de vue légal, le partitionnement n’est pas une forme de retraitement. Il ne relève donc pas de la loi sur l’énergie atomique et pourrait ainsi être utilise en Allemagne.


Source : Forum nucléaire suisse